Claude Turmes

Le quotidien d'un eurodéputé

 

Les clichés sont multiples : un député européen gagne trop et n'est jamais présent au Parlement. La réalité de la majorité des eurodéputés est toute autre. L'activité la plus importante n'est pas le vote en séance plénière mais le travail de préparation des dossiers dans les commissions parlementaires qui siègent en public. C'est là que les eurodéputés discutent, influencent et essaient de trouver un compromis. Les dossiers sont souvent d'une grande technicité et nécessitent l'apport des experts externes.

Les eurodéputés sont normalement quatre jours à Bruxelles, une semaine par mois ils se déplacent pour les votes en plénière à Strasbourg. Le lundi et le vendredi sont souvent consacrés aux activités dans les circonscriptions électorales des députés et le départ vers ou de Bruxelles. Le calendrier mensuel du Parlement européen répond à une certaine logique institutionnelle : les semaines sont consacrées à un autre niveau du processus de décision, à savoir les commissions parlementaires, le groupe politique et la plénière. Quelques semaines par année, les « semaines de circonscription » sont réservées aux activités extraparlementaires comme des voyages avec les délégations, des conférences ou des activités dans la circonscription électorale de l'eurodéputé.

 

Les eurodéputés engagés ont un agenda bien rempli: à côté des réunions des commissions parlementaires, du groupe politique et des groupes de travail des rencontres multiples avec des lobbyistes, des experts, des journalistes et des groupes de visiteurs sont organisés. En soirée, les députés prennent souvent part à diverses réceptions, séminaires et conférences pour établir et garder le contact avec les autres députés ou groupes d'intérêts.

"On dit souvent que nous vivons ici à Bruxelles en vase clos: Et c'est vrai, je me rends compte que le devoir de s'informer sur la technicité d'un dossier et de trouver des compromis entre les groupes politiques m'oblige de rester dans ce biotope particulier parfois 12 heures par jour. Il faut donc vraiment faire preuve d'une certaine hygiène de vie pour survivre. Je me défoule grâce au jogging et ma petite séance de yoga le matin.

On doit aussi bien travailler en équipe et savoir compter sur ses collaborateurs. Le plus important ici c'est de doser son énergie et de savoir définir des priorités. On est submergé en permanence par des demandes de toutes sortes. Il faut donc savoir arbitrer et s'investir à fond là où on peut vraiment influencer et comprendre les motivations et contraintes politiques - et souvent culturelles - des députés des autres pays. C'est une capacité qu'on acquiert au fil des années", explique Claude Turmes.

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